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26 avril 2007
Le regard du Chiapas
« Bienvenue !...Vous êtes arrivés dans l’état le plus pauvre du pays, le Chiapas. Vous êtes dans un autre monde, le monde indigène peuplé de 300 000 tzeltals, 300 000 tzotzils, 120 000 chols, 90 000 zoques et 70 000 tojolabal(1). Un million d’Indigènes qui habitent ces terres et dont, cinq cents ans après la « rencontre des deux mondes », la seule option est de mourir de la misère ou de la répression. […] Bienvenue à San Cristobal, où tout s’achète et tout se vend sauf la dignité indienne. Ici, tout est cher sauf la mort. Emerveillez-vous de l’infrastructure touristique ! 6 270 chambres d’hôtels, 139 restaurants et 42 agences de voyages pour des milliers de touristes qui laissent des millions de dollars aux mains des hôteliers et des restaurateurs. On compte environ 7 chambres pour 1 000 touristes, mais moins d’un lit d’hôpital pour 3 000 chiapanèques. […] Autre chose, ça ne sera pas toujours comme ça…Un air différent commence à souffler, un vent nouveau se lève. »
Sous Commandant Marcos : le Sud-Est en deux vents, un orage et une prophétie, 1992
C’est l’histoire de Sabino, de Fernando, de Rosalia ou encore Eusebio. Ils sont 22 Promoteurs de santé, indiens Tzotzils et vivent au cœur des montagnes du Chiapas, dans les communautés de las Abejas.
Quand ils se rappellent leur histoire, ils commencent par parler de la guerre qu’eux et leurs familles ont vécue de 1993 à 1999, du froid et de la boue, de la terreur des plus jeunes et de la souffrance des plus vieux, des déportations dans des camps de réfugiés et des problèmes de santé. Puis ils se souviennent de l’après guerre, des maisons qu’il faut reconstruire, du retour aux champs, de la vie qui repart.
C’est à ce moment que Sabino et les autres décidèrent de réagir en développant un système de santé.Mus par une force incroyable, c’est avec très peu de moyens et sans revenus particuliers, qu’ils oeuvrent chaque jour, mêlant médecine traditionnelle et conventionnelle, pour améliorer les conditions de vie des hommes, femmes et enfants qui vivent en ces montagnes.
Depuis quatre ans, par l’envoi de médicaments et de dons, l’association Espoir Chiapas soutient et aide sans relâche ce mouvement pour la santé au Chiapas.
Nous sommes en janvier 2006, je rencontre pour la première fois Sabino, Fernando et les autres promoteurs de leur organisation qu’ils ont nommé Osecapiach-ac (Organisation de Santé et d’Education Communautaire de Soutien par les Promoteurs Indiens des Hauteurs du Chiapas- Association Civile).
Petit à petit, je vais apprendre à vivre avec eux, à connaître leur culture et leur langue, leur manière de fonctionner et de lutter. Nous allons travailler ensemble. Je découvre alors cet incroyable trait d’union qui relie ces deux associations issues de mondes différents. Ils sont devenus des amis.
Les photographies qu’ils m’ont permis de prendre sont un témoignage essentiel de l’histoire de ce peuple qui cherche aujourd’hui sa place dans un Mexique qui se développe inéluctablement sans eux. Celles-ci soulèvent des thématiques tant politiques (le problème de conservation des terres ou la lutte pour les droits de l’homme) qu’artistiques et culturelles…
L’association et moi-même sommes fiers de présenter cette exposition aux aspects paradoxaux… couleur ou noir&blanc; triste ou joyeux, entre tradition et modernité, mais toujours avec cette volonté tranquille de vivre, voici l’histoire des peuples Tzotzils du Chiapas. Pour l’espoir et la paix. Colabalik ²
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23 avril 2007
et maintenant...

Le petit Nicolas a installé son QG de campagne au 18 rue d’Enghien, c’est-à-dire à 100m de chez moi. Un bien bel endroit, avec escalier monumental et photo de 4m de haut du ministre-candidat.
Joli, non ? Evidemment, une personnalité comme lui ne peut pas se déplacer sans 2 ou 3 gardes du corps. (...) 3 cars et 10 fourgonnettes de la police et des CRS. S’ajoutent à ce dispositif léger quelques autres camionnettes (entre 2 et 4 selon les jours) aux extrémités de "sa" rue, et quelques voitures banalisées, reconnaissables lorsqu’elles arborent leur girophare bleu.
Des hommes en bleu à tous les coins de rue, la circulation régulièrement bloquée pour que les voitures officielles puissent emprunter les sens interdits afin de gagner une minute ou deux, et des concerts de sirènes lorsque le grand petit homme déplace son auguste personne. Combien sont-ils ? je vous laisse faire le compte, sachant que chaque véhicule est aussi rempli que les bus de la RATP aux heures de pointe.
Me voilà bien rassuré : non, la campagne présidentielle de Sarkozy ne coûtera pas une fortune à l’UMP. Le Ministère de l’Intérieur est là pour régler quelques factures ! Mais je me tais un instant pour laisser la parole au petit excité qui, contrairement aux apparences, se soucie beaucoup des dépenses publiques et donc de nos portefeuilles :
« Nous ne pouvons rester le pays d’Europe où la part des dépenses publiques dans la richesse nationale est la plus importante. Il faut donc dépenser mieux et moins. (...) Le problème du nombre de fonctionnaires doit être posé ».
Dépenser mieux, c’est donc dépenser pour la protection privée du vilain petit nain quand il ne fait pas son boulot de ministre.
« Dans un pays comme le nôtre, où les dépenses des pouvoirs publics représentent 54 % de la richesse nationale, l’échec économique et social est garanti si les dépenses sont mal orientées ».
A moins qu’il ne craigne que les Allemands ne repassent la ligne Maginot juste pour taper sur sa petite tête, j’ai bien peur que ce monstrueux attirail soit légèrement disproportionné pour dissuader 3 sans-papiers de manifester devant son bureau.
Espérons qu’il « orientera mieux les dépenses » s’il est élu, il faudrait pas qu’il se paye des croisières en porte-avions pour ses vacances.
« La France qui se lève tôt le matin, la France qui travaille, la France qui paie ses impôts, elle est aussi attachée à voir que l’argent public soit utilisé avec l’efficacité maximale ».
Pas d’inquiétude, c’est efficace : pas un seul vol de sac à mains sur le boulevard depuis l’arrivée de la milice.
« On ne paye pas des fonctionnaires de polices pour qu’ils jouent au basket avec des jeunes ».
Mieux vaut les payer à se cailler les miches sur le trottoir à ne rien foutre.
« Il faut en finir avec les pratiques monarchiques dans la Vème République ».
No comment.
Vous l’aurez compris, je fus un peu étonné de voir des armées napoléoniennes se dresser dans le quartier pour pas grand chose. J’ai donc posé la question aux premiers intéressés. Une première fois, après quelques jours d’intense présence policière :
Moi : Qu’est-ce qui se passe, pourquoi vous êtes aussi nombreux ?
Le CRS : Eh ben, euh, vous savez, il y a souvent des manifestations sur le boulevard.
Moi : Mais vous êtes là depuis trois jours ! il y a une manif prévue aujourd’hui ?
Lui : Ah bon, vous avez vu des CRS, quand ça ? (arf...) Non il n’y a rien de prévu, mais euh... il peut toujours y avoir une manifestation de SDF, on sait jamais !
Le brave homme, je le plains, ça doit pas être facile d’expliquer un truc aussi con. Une semaine plus tard, nouvelle discussion avec deux de ses collègues, plus loquaces :
Moi : On se pose un peu des questions sur le mélange des genres. Vous protégez le ministre ou le candidat ?
Le premier : Vous inquiétez pas nous aussi on se la pose, la question ! on est là parce qu’on doit bien obéir aux ordres. Mais on se demande ce qu’on fout là.
L’autre : Vous savez, la royauté elle est pas morte, en France. Mais ça commence à s’agiter du côté de nos syndicats.
Tout ça énerve un peu les habitants du quartier. La dernière blague à la mode quand un type rentre dans un bistrot : « ils t’ont laissé passer ? t’avais ton badge ? »
Pour finir, je vous cite un petit extrait du Nouvel Obs :
Dès le premier jour, la rue d’Enghien est mise sous haute surveillance policière. Dans la foulée, tous les habitants des trois immeubles qui font face au QG reçoivent une étrange enveloppe saumon, sans cachet de la Poste.
A l’intérieur, une lettre, datée du 15 janvier, leur demande de répondre au plus vite à un recensement de sécurité. On leur communique un numéro de téléphone. Au bout du fil, un policier questionne : nom, prénom, date de naissance. Au cours de la conversation, le policier se fait plus précis. Il suggère à son interlocuteur de ne pas recevoir de paparazzi chez lui, évoque avec lui les dangers terroristes, la présence d’un éventuel sniper planqué sur les toits.
En quelques minutes, l’habitant de la rue d’Enghien est mis sous pression. Le voilà devenu un riverain fiché par la police. En fait, le fonctionnaire est un agent du service Enquête des Renseignements Généraux de la préfecture de Police de Paris...
Sarkozy, utiliser les RG à son compte ?
mais enfin, c’est ridicuuuuule !
Sur ce, votez bien !
05:05 Publié dans actus d'ailleurs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note